Structures tarifaires
Plafonnement de la prestation médicale dans le TARDOC

Plafonnement de la prestation médicale dans le TARDOC

Le plafond légal fixé pour la prestation médicale dans le TARDOC (plafonnement de la PM) a suscité un fort mécontentement chez de nombreux médecins et leurs inquiétudes quant à ses répercussions sur la prise en charge des patients sont tout à fait compréhensibles. Maintenant, il est essentiel de clarifier ensemble les conséquences concrètes, d’élaborer des solutions ciblées et d’agir unis afin d’exploiter la marge de manoeuvre offerte par le partenariat tarifaire et éviter de nouvelles interventions de l’État. Vous trouvez sur cette page de nombreuses informations utiles et actualisées.

Le plafonnement de la prestation médicale (PM) en bref

Le plafonnement concerne

uniquement la prestation médicale (PM)
​​​​​​​Le plafonnement s'applique uniquement aux prestations médicales (PM). Il ne concerne pas les coûts d'infrastructure et de personnel (PIP), les forfaits ambulatoires, les suppléments d'urgence ou de consultation urgente, ni les rapports et expertises médicaux. 

Facturation

La moyenne mensuelle est déterminante 
Ce n'est pas l'activité d'une journée qui est déterminante, mais la moyenne des prestations médicales (PM) sur l'ensemble des jours de travail d'un mois civil.

Qui est concerné?

Vraisemblablement peu de médecins
Selon les premières analyses, la grande majorité des médecins ne devrait pas atteindre le plafonnement des PM en moyenne mensuelle. Seules certaines disciplines ou situations particulières de cabinet pourraient être concernées.

Situation actuelle

Les conséquences d'un éventuel dépassement ne sont pas encore définies.
​​​​​​​Les modalités concrètes de mise en œuvre de cette disposition légale sont actuellement en cours d'élaboration. 

L'engagement de la FMH

La FMH : 

  • analyse les données de facturation; 
  • identifie les disciplines particulièrement concernées; 
  • élabore des propositions d'amélioration et les défend dans les négociations avec les partenaires tarifaires. 

Pourquoi la FMH a-t-elle participé aux négociations ? 

Pour que la pratique soit prise en compte 
Le plafonnement des prestations médicales (PM) a été décidé par le Parlement. Sans accord entre les partenaires tarifaires, le Conseil fédéral aurait fixé seul les modalités de mise en œuvre par voie d'ordonnance. La voie du partenariat tarifaire permet en revanche de faire évoluer la réglementation sur la base des expériences issues de la pratique.

A. Situation actuelle et perspectives

1. Le plafonnement de la prestation médicale (PM) dans le TARDOC, qu’est-ce que c’est?

Le plafonnement de la PM, décidé par le Conseil national et le Conseil des États, est désormais inscrit dans la loi. La FMH s’y est vigoureusement opposée lors des débats parlementaires. Après la décision du Parlement, elle n’avait d’autre option que d’utiliser au mieux la marge de manoeuvre qui restait pour agir dans l’intérêt de ses membres et de la prise en charge médicale des patients.  C'est pourquoi un concept a été élaboré dans le cadre du partenariat tarifaire. Sans un concept des partenaires tarifaires remis dans les délais, le Conseil fédéral aurait fixé le plafonnement de la PM unilatéralement par voie d’ordonnance.

Le concept élaboré par les partenaires tarifaires repose sur les principes suivants : le plafonnement de la PM s’applique exclusivement à la prestation médicale attribuée aux positions tarifaires du TARDOC à la charge de l’assurance obligatoire des soins (AOS). Il est calculé sous forme de moyenne sur un mois civil pour chaque médecin exécutant, le numéro GLN faisant foi. Le solde de différents jours supérieur au plafonnement ne signifie pas automatiquement un dépassement. Ne sont pas concernés par le plafonnement, la part des prestations d’infrastructure et de personnel (PIP), les forfaits ambulatoires, les suppléments pour les consultations pressantes et urgentes dans la pratique privée, les rapports médicaux et les expertises.

De plus amples informations concernant la facturation se trouvent dans le chapitre B ci-dessous.

2. Pourquoi un plafonnement de la prestation médicale (PM)?

Ce plafonnement relève d’une décision politique. En adoptant en 2025 le 2e volet de mesures visant à freiner la hausse des coûts dans la LAMal, le Conseil national et le Conseil des États ont décidé de charger le Conseil fédéral de modifier la structure tarifaire ambulatoire de manière à plafonner le volume de points facturable de la part médicale par journée de travail.

La FMH s’y était vigoureusement opposée lors des débats parlementaires. C’est également pour cette raison que la mesure a longtemps suscité la controverse ; le Conseil fédéral s’étant lui aussi prononcé contre cette disposition. Il aura finalement fallu une conférence de conciliation entre le Conseil national et le Conseil des États, qui s’est néanmoins prononcée en faveur du plafonnement de la PM. C’est ainsi que cette disposition a été définitivement adoptée par le Parlement.

3. Pourquoi la FMH n'a-t-elle pas lancé de référendum ?

Le Parlement a adopté la limite maximale des prestations médicales au début de l'année 2025 dans le cadre du deuxième volet de mesures visant à freiner la hausse des coûts. Dans le contexte de ce paquet législatif, la FMH s'est fortement engagée et a réussi à empêcher de nombreuses réglementations qui auraient considérablement entravé l'exercice de la profession médicale. Elle s'est également opposée avec vigueur à la limite des points tarifaires, jusqu'à ce que sa position soit rejetée de justesse par la conférence de conciliation du Parlement.

Un référendum ne peut être lancé que contre l'ensemble du projet de loi. Lors du vote final, l'ensemble du paquet de mesures de maîtrise des coûts a été adopté à l'unanimité par le Conseil national et par 43 voix contre 2 au Conseil des États. Dans ces conditions, un référendum n'avait aucune chance d'aboutir : aucun parti ne l'aurait soutenu et même les représentantes et représentants des organisations de patients s'étaient clairement prononcés en faveur de la limite des points tarifaires au Parlement.

4. ​​​​​​​Pourquoi la FMH a-t-elle participé à l’élaboration du concept alors qu’elle s’oppose au plafonnement de la PM?

Après que le Parlement a adopté cette obligation légale, la question n’était plus de savoir si le plafonnement serait instauré, mais comment le mettre en œuvre. 

Sans un concept des partenaires tarifaires remis dans les délais, le Conseil fédéral aurait fixé le plafonnement de la PM unilatéralement par voie d’ordonnance. À l’inverse, le partenariat tarifaire offre une plus grande marge de manoeuvre : il permet une approche fondée sur les données et offre la possibilité d’adapter le plafonnement de la PM chaque année dans le cadre de la maintenance annuelle des tarifs.

La FMH a clairement choisi la deuxième option, dans l'intérêt de ses membres. L'Assemblée des délégués a confirmé cette décision et a approuvé, le 19 mars 2026, le dépôt du dossier de demande d'approbation de la révision 2027 du TARDOC et des forfaits ambulatoires, y compris le document relatif au concept de la limite maximale.

5. Son introduction est-elle déjà décidée?

Les bases légales pour l’introduction du plafonnement de la prestation médicale dans le TARDOC ont été acceptées par le Parlement. Le concept élaboré par les partenaires tarifaires a été validé par l’Assemblée des délégués, et les partenaires tarifaires l’ont remis début juin au Conseil fédéral pour approbation, en tant que partie intégrante de la version tarifaire 2027. 

Sa mise en application concrète est encore ouverte. Il reste notamment à déterminer comment seraient gérés les éventuels dépassements. La FMH demande au Conseil fédéral et aux partenaires tarifaires d’exploiter au maximum la marge de manœuvre légale afin de garantir les soins ambulatoires. Le plafonnement de la PM ne doit pas conduire à une péjoration de la prise en charge des patients ni mettre les cabinets médicaux sous pression financière.

L’Assemblée des délégués, l’organe compétent pour les décisions tarifaires, procédera fin août à un nouvel examen approfondi afin de clarifier la situation et d’adopter une position consolidée. La FMH informera ses membres et ses organisations membres dès que de nouvelles informations seront disponibles (voir myFMH).

6. Quelles sont les conséquences pour la pratique médicale ambulatoire?

D’après les calculs actuels, il semblerait qu’une grande partie des médecins n’atteindrait ni ne dépasserait la moyenne mensuelle du plafonnement de la PM. Certaines disciplines et structures de cabinets pourraient cependant être davantage impactées.

Pour se prononcer de manière fiable, il faut attendre les données de facturation du TARDOC et l’analyse conjointe des informations du terrain. La FMH travaille actuellement en étroite collaboration avec les organisations affiliées afin de recenser de manière structurée les difficultés rencontrées par les différentes disciplines et structures de cabinets.

Sur la base des données quantitatives et des retours qualitatifs, la FMH développera avec les délégués tarifaires, les sociétés de discipline et les sociétés cantonales des solutions spécifiques pour les disciplines et les cabinets particulièrement impactés, qu’elle fera ensuite valoir lors des négociations avec les partenaires tarifaires en vue de la mise en œuvre des exigences légales. Il apparaît d’ores et déjà qu’une réglementation transitoire sera nécessaire.

7. Qu’entreprend la FMH actuellement?

Conjointement avec les délégués tarifaires, les sociétés de discipline et les sociétés cantonales de médecine, la FMH met tout en oeuvre pour élaborer des solutions ciblées pour les disciplines et les structures de cabinets particulièrement impactées, et pour les faire valoir avec détermination lors des négociations avec les partenaires tarifaires.

Voici les prochaines étapes

  • Analyser les données de facturation : la FMH et NewIndex devraient mettre des analyses basées sur les données de facturation actuelles à la disposition des sociétés de discipline et des sociétés cantonales de médecine à partir de septembre. Les présidences, les délégué-e-s tarifaires et les secrétariats seront informés en temps utile des prochaines étapes.
  • Recenser et analyser les domaines concernés, les schémas et les risques : grâce à un formulaire structuré, les organisations affiliées peuvent recenser les problématiques spécifiques à leur discipline et les situations concrètes de cabinet. 
  • Élaborer des pistes d’action et des solutions spécifiques : sur la base des données quantitatives et des retours qualitatifs via le formulaire, la FMH développe avec les délégué-e-s tarifaires, les sociétés de discipline et les sociétés cantonales de médecine, des solutions spécifiques pour les disciplines et les structures de cabinets particulièrement impactées. La FMH les fait ensuite valoir avec détermination auprès des partenaires tarifaires lors des négociations sur la conception et la mise en œuvre de la disposition relative au « plafonnement de la PM/jour ». Il apparaît d’ores et déjà qu’une réglementation transitoire sera nécessaire.
  • Offrir la possibilité d’évaluations individuelles : pour l’instant, tous les cabinets ne sont pas encore en mesure d’évaluer distinctement l’impact pour eux. La FMH est en contact avec les centres de confiance et les prestataires informatiques afin que les médecins puissent disposer au plus vite des possibilités nécessaires d’évaluation dans leur logiciel de cabinet médical.

8. Que demande désormais la FMH pour ses membres ?

La FMH demande au Conseil fédéral et aux partenaires tarifaires d’exploiter pleinement la marge de manoeuvre légale et d’oeuvrer en faveur de solutions adaptées à la pratique en mettant clairement l’accent sur la prise en charge des patients. La mise en oeuvre doit garantir des tarifs appropriés et applicables à l’économie d’entreprise et ne doit ni limiter les médecins dans leurs missions essentielles ni compromettre la prise en charge de leurs patients. Il apparaît d'ores et déjà qu'une réglementation transitoire appropriée sera nécessaire.

Pour atteindre efficacement ces objectifs, le corps médical doit unir ses forces et agir d’une seule voix, de manière coordonnée et fondée sur des faits, auprès des responsables politiques, des autorités et des partenaires tarifaires. Affaiblir le partenariat tarifaire ou porter des exigences politiques sans aucune coordination, c’est risquer des réglementations étatiques supplémentaires et réduire encore davantage la marge de manoeuvre restante.

B. Principaux éléments relatifs au plafonnement de la PM selon le concept

9. Quel est le niveau du plafonnement de la prestation médicale (PM) ?

Le plafonnement de la prestation médicale (PM) est fixé à 1 577 points tarifaires par jour de travail et ne concerne que la PM dans le TARDOC. La part correspondant à l'infrastructure et aux prestations du personnel (IPL) n'est pas concernée.

Le plafonnement est calculé sous la forme d'une moyenne sur un mois civil. Le calcul se fonde sur la somme des points tarifaires TARDOC pris en compte pour les prestations médicales, divisée par le nombre de jours de travail effectifs durant le mois concerné.

10. Que prévoit le concept de mise en œuvre remis pour approbation?

  • Le plafonnement ne s’applique qu’au TARDOC dans le cadre de la LAMal, c’est-à-dire aux prestations facturées à la charge de l’assurance obligatoire des soins (AOS) et exclusivement à la prestation médicale attribuée aux positions tarifaires.
  • Il représente la moyenne journalière des prestations médicales fournies au cours d’un mois civil et ne peut dépasser 1577 points tarifaires par journée de travail.
    C’est-à-dire que la moyenne est calculée à partir du volume de PM facturé chaque mois par un médecin (selon le numéro GLM personnel), divisé par le nombre de jours où il a facturé des prestations médicales (PM) à la charge de l’AOS (week-end compris).
  • La somme des points tarifaires de la prestation médicale (Pt PM) est déterminante. La part relative à la prestation d’infrastructure et de personnel (PIP) des prestations tarifaires n’est pas concernée.
  • Il s’applique à chaque médecin exécutant, selon son numéro GLN (et non le numéro RCC).
  • Sont exclus du calcul
    • les suppléments pour les consultations pressantes et urgentes dans la pratique privée (AA.30)
    • les rapports médicaux et les expertises (AA.25)
    • les forfaits ambulatoires
  • Il peut, si nécessaire, être adapté et développé dans le cadre de la procédure annuelle de maintenance des tarifs.
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11. En tant que médecin, comment savoir si le plafonnement par journée de travail est atteint?

Pour l’instant, il n’est pas encore possible de proposer une évaluation individuelle fiable à tous les cabinets médicaux. Veuillez vous renseigner directement auprès de votre centre de confiance ou de votre fournisseur de logiciel de cabinet médical (LCM). 

La FMH est aussi en contact avec les centres de confiance et les prestataires informatiques afin que tous les médecins concernés puissent disposer au plus vite des analyses nécessaires pour évaluer leur propre situation.

Veuillez également vous référer à la question « Qu’est-ce qui est considéré comme une journée de travail pour le calcul du plafonnement de la PM ? »

12. Explication concernant la PM et la PIP d’une position tarifaire en lien avec le plafonnement de la PM

1. Introduction
Chaque position tarifaire TARDOC comprend une prestation médicale (PM) et une prestation d’infrastructure et de personnel (PIP). La somme des deux (PM vert et PIP jaune) équivaut au nombre total de points tarifaires facturables pour la position concernée.

2. Dans l’exemple ci-dessous, portant sur la consultation médicale, 5 premières minutes (AA.00.0010), le total s’élève à 19,2 points tarifaires (Pt).

3. Prestation médicale PM (vert)

La PM correspond au calcul de la prestation médicale fournie par le médecin auprès du patient, avec lui ou pour lui.

► Dans l’exemple de la consultation médicale, 5 premières minutes, la PM correspond à un total de 10,56 Pt.
Pour les prestations exclusivement non médicales, comme celles qui figurent notamment dans le chapitre AK (Prestations paramédicales) du TARDOC, la PM est égale à 0.

4. Prestation d’infrastructure et/ou de personnel PIP (jaune)
Le nombre de points tarifaires peut varier considérablement selon l’unité fonctionnelle (salle de consultation, salle d’examen et de traitement ou salle d’opération) dans laquelle la prestation est fournie. La PIP correspond au calcul, d’une part, des prestations fournies par le personnel paramédical auprès du patient, avec lui ou pour lui, et, d’autre part, de l’ensemble des coûts d’infrastructure.

Elle comprend les éléments de coût suivants, énumérés dans l’interprétation générale n° 4 (IG-4) :

Frais de personnel (personnel paramédical) 

  • Salaires
  • Charges sociales
  • Charges salariales annexes
  • Frais de formation continue

Autres charges d’exploitation 

  • Matériel à usage courant (pièces individuelles et kits de matériel) jusqu’à 3,00 CHF
  • Frais pour les instruments, les appareils et le matériel réutilisables
  • Frais d’équipement et de matériel d’exploitation
  • Frais de matériel de bureau
  • Assurances contre les dégâts matériels
  • Assurances responsabilité civile
  • Réparations

Répartition 

  • Frais administratifs
  • Frais d'intendance
  • Service de maison
  • Service technique
  • Énergie
  • Frais de véhicules
  • Communication

Frais d’utilisation des investissements 

  • Amortissements
  • Rémunération du capital
  • Loyers et charges de leasing

► Dans l’exemple de la consultation, 5 premières minutes, cela correspond à un total de 8,64 Pt pour les frais d’infrastructure et de personnel (PIP).

5. Calcul du plafond de la PM
Lors du calcul du plafond de la PM (vert), seule la prestation médicale est prise en compte. De plus, les positions tarifaires des chapitres AA.25 (Rapports médicaux et expertises) et AA.30 (Consultations pressantes et urgentes dans la pratique privée) sont totalement exclues du calcul.

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13. Faut-il relever le plafond de la PM afin de compenser, par un subventionnement croisé, la sous-couverture de la PIP ?

À l’heure actuelle, la PIP couvre 70 % des coûts calculés pour l’infrastructure et le personnel. Cette situation s’explique par deux facteurs :

  • Des valeurs cantonales du point tarifaire trop basses : sur le plan structurel, les coûts de la PIP sont correctement calculés dans les modèles de coûts. Cependant, les calculs reposent sur une valeur du point tarifaire de 1 franc. Or, la valeur moyenne du point tarifaire en Suisse n’est que de 0,89 franc, soit un écart de -11 %.
  • La neutralité statique des coûts, imposée par le Conseil fédéral sur la base de l’art. 59c OAMal au moyen du facteur externe, qui entraîne une réduction de -18 %.

Cette situation est difficilement compréhensible, mais juridiquement admissible. L’art. 59c OAMal prévoit en effet expressément que le tarif doit couvrir au plus les coûts de la prestation justifiés de manière transparente. Paradoxalement, toute sous-couverture tarifaire est donc autorisée.

Compenser cette sous-couverture en relevant, voire en supprimant, le plafond quotidien de la PM serait contre-productif. Une telle mesure entraînerait une augmentation du volume de facturation et serait donc immédiatement annulée par la règle de neutralité des coûts (neutralité dynamique) lors de la prochaine révision tarifaire. Cela affecterait tous les médecins, sans distinction, sous la forme d’une correction du facteur externe.

Pour rappel, le « facteur externe » est un instrument de pilotage dont dispose le Conseil fédéral pour garantir la neutralité des coûts exigée par la loi lors du passage de l’ancien système TARMED au nouveau système tarifaire durant les trois premières années. Toute augmentation du volume de facturation dépassant la marge admise, à savoir max. +1,5 %, est automatiquement compensée à l’aide du facteur externe.

Le véritable problème de la sous-couverture de la PIP ne peut donc pas être résolu via des subventions croisées ou la structure tarifaire. Il requiert une mobilisation cohérente et conjointe en faveur de la revalorisation des valeurs cantonales du point tarifaire et la suppression dans les meilleurs délais de la neutralité dynamique des coûts.

Il convient également de relever que les données de coûts sur lesquelles repose la PIP sont actualisées chaque année dans les modèles de coûts KOREG et INFRA. Cela signifie que la version 2027 du TARDOC contiendra déjà une PIP basée sur des données entièrement actuelles. Le modèle empirique KOREG se fonde sur les coûts réels des cabinets médicaux, relevés chaque année dans le cadre de l’« enquête permanente sur les coûts », appelée RoKo.

14. Cela signifie-t-il que les médecins ne pourront plus recevoir de patients à partir d’une certaine date?

Le plafonnement de la PM n’est pas calculé isolément pour chaque journée de travail, mais se réfère à une moyenne sur un mois civil. Cela signifie qu’une seule journée totalisant plus de 1577 points tarifaires attribués à la prestation médicale ne correspond pas automatiquement à un dépassement. La moyenne sur tout un mois civil doit être respectée, c’est-à-dire la moyenne sur toutes les journées de travail au cours desquelles la prestation médicale a été facturée à la charge de l’AOS, week-end compris.

Les modalités concrètes de sa mise en œuvre ne sont cependant pas encore définies. La manière de gérer un éventuel dépassement est notamment encore ouverte. Dès que de nouvelles informations seront disponibles, la FMH en informera ses membres et les organisations affiliées.

15. Qu’est-ce qui est considéré comme une journée de travail pour le calcul du plafonnement de la PM?

Selon le concept des partenaires tarifaires, le plafonnement de la PM est calculé sur la base du numéro GLN, sous la forme d’une moyenne mensuelle (mois civil) pour chaque médecin exécutant des prestations. Il est déterminé par la somme des points tarifaires de la prestation médicale (Pt PM) des positions TARDOC éligibles, divisée par le nombre de journées de travail effectives pendant le mois considéré.

Est réputée journée de travail, les journées au cours desquelles les positions facturées à la charge de l’assurance obligatoire des soins (AOS) contiennent une prestation médicale. Les samedis et dimanches sont comptabilisés.

Les prestations suivantes sont exclues du calcul de la somme des Pt PM : les suppléments pour les consultations pressantes et urgentes dans la pratique privée (AA.30), les rapports médicaux et les expertises (AA.25), les prestations relevant de forfaits ambulatoires et les prestations qui ne sont pas facturées à la charge de l’AOS (p. ex. à la charge des assurances complémentaires). Les journées au cours desquelles les médecins facturent des prestations des chapitres AA.25 ou AA.30 comptent néanmoins comme journées de travail.

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16. Comment les temps partiels sont-ils pris en compte pour le calcul du plafonnement de la PM?

Le taux d’activité inscrit dans un contrat de travail n’intervient pas directement dans le calcul du plafonnement de la PM. Ce qui est déterminant, ce sont les journées de travail effectives d’un mois civil, au cours desquelles des prestations médicales sont facturées à la charge de l’assurance obligatoire des soins (AOS) pour un numéro GLN déterminé.

La mise en application concrète est cependant encore ouverte. La question se pose notamment de savoir comment prendre en compte les différents modèles de travail à temps partiel et les structures particulières de cabinets médicaux. La FMH a identifié la nécessité de clarifier ce point et le fait valoir avec détermination auprès des partenaires tarifaires au titre de l’équilibre professionnel et de la sécurité des soins.

Veuillez également vous référer à la question « Qu’est-ce qui est considéré comme une journée de travail pour le calcul du plafonnement de la PM ? »

17. Comment le plafonnement de la PM s’applique-t-il dans les cabinets de groupe?

Selon le concept, le plafonnement de la PM s’applique par médecin exécutant, sur la base du numéro GLN individuel (et non celui d’un cabinet de groupe). Le numéro RCC ne joue aucun rôle. Sur la facture, chaque prestation doit donc être clairement associée au GLN de la personne qui l’a effectivement fournie.

Dans certains cabinets, plusieurs médecins facturent leurs prestations avec le même numéro GLN, par exemple dans le cadre d’un assistanat au cabinet. De ce fait, leurs prestations s’ajoutent lors du calcul du plafonnement de la PM donnant, par erreur, une prestation médicale trop élevée par numéro GLN. Ces cabinets sont invités à adapter leur facturation.

La mention du numéro GLN pour chaque prestation sur le formulaire de facturation est prévue à l’annexe H de la convention relative à la structure tarifaire globale (TARDOC et forfaits ambulatoires).

18. Qu’en est-il des médecins en formation ?

Selon le concept, le plafonnement de la PM s’applique par médecin exécutant, sur la base du numéro GLN individuel et non du numéro RCC. Sur la facture, chaque prestation doit donc être clairement associée au numéro GLN de la personne qui l’a effectivement fournie. Cela vaut également pour les médecins en formation, qui doivent disposer de leur propre numéro GLN pour fournir des prestations facturables. Pour l’obtenir, il suffit de se rendre sur la plateforme en ligne de Ref-Data.

Veuillez également vous référer à la question 12 « Comment le plafonnement s’applique-t-il dans les cabinets de groupe ? »

19. Quelles règles s’appliquent aux prestations effectuées sur délégation ainsi que par des membres du personnel paramédical ?

Conformément à l’annexe H relative à la facturation et l’échange de données, le médecin responsable et le médecin exécutant doivent être indiqués, avec leur GLN personnel, pour les positions tarifaires correspondant à des prestations médicales. Les médecins exécutants peuvent également être des médecins-assistants engagés au cabinet, des médecins en formation postgraduée pour l’obtention d’un titre de formation postgraduée relevant de la valeur intrinsèque ou des médecins remplaçants. Dans de telles situations, la personne propriétaire du cabinet ou titulaire du numéro RCC est indiquée comme médecin responsable, tandis que la personne ayant effectivement dispensé le traitement est désignée comme médecin exécutant.

Les numéros GLN des membres du personnel paramédical exécutants ne doivent figurer sur la facture que s’ils sont nécessaires à la vérification de l’unité fonctionnelle correspondante. Conformément à la clarification 6 relative au chapitre 3, al. 4, let. k  du document explicatif « Clarifications et exemples Annexe H », cela concerne exclusivement les positions des unités fonctionnelles « Chronic Care » (AK.05) et « Prestations ambulatoires paramédicales psychiatriques, y compris infrastructure » (EA.05). Dans les deux cas, il s’agit de positions tarifaires sans prestation médicale.

Un délai transitoire jusqu’au 30 septembre 2026 s’applique à l’indication des GLN des membres du personnel paramédical relevant des unités fonctionnelles susmentionnées. Passé ce délai, les numéros GLN des membres du personnel paramédical exécutants devront obligatoirement être mentionnés lors de la facturation de positions tarifaires relevant des unités fonctionnelles AK.05 et EA.05.

Pour toutes les autres positions tarifaires, conformément à la convention tarifaire, il n’est pas admis de mentionner dans le champ « médecin exécutant »de la facture, le numéro GLN d’autres membres du personnel paramédical tel qu’une assistante médicale ou un orthoptiste ES.

 

20. Qui est chargé du contrôle?

D’après le concept, il est prévu que les assureurs s’en chargent, à l’instar de leur mandat légal pour le contrôle des factures. Les modalités concrètes de la mise en œuvre ne sont cependant pas encore définies.

La manière de gérer un éventuel dépassement est notamment encore ouverte. Ces questions devront être clarifiées au cours des prochaines étapes du processus.

La FMH demande au Conseil fédéral et aux partenaires tarifaires d’exploiter au maximum la marge de manœuvre légale afin de garantir les soins ambulatoires. Le plafonnement de la PM ne doit pas conduire à une péjoration de la prise en charge des patients ni mettre les cabinets médicaux sous pression financière.

Dès que de nouvelles informations seront disponibles, la FMH en informera ses membres et les organisations affiliées.

21. Comment le plafond de 1577 points tarifaires par journée de travail a-t-il été calculé?

L’objectif est de parvenir à une mise en œuvre acceptable et aussi proche que possible de la pratique, sans pour autant nuire à la médecine ambulatoire.

Le plafond repose sur le « modèle de coûts Prestation médicale (PM) » en vigueur, fixé par le Conseil fédéral en 2018. Ce modèle se fonde sur trois facteurs : le revenu de référence, le temps de travail annuel et l’indice d’efficacité tarifaire, anciennement appelé « productivité ». Pour de plus amples informations sur ces facteurs et leur mode de calcul : Modèles de coûts | TARDOC et forfaits ambulatoires.

Le calcul du plafonnement de 1577 points tarifaires PM repose sur les minutages révisés et sur les nouvelles règles de facturation applicables aux prestations à l’acte et au temps, élaborés par des experts médicaux au sein de groupes de travail spécialisés et remis en 2019 au Conseil fédéral pour approbation. Ils n’ont été approuvés qu’en 2025 dans le cadre de la révision tarifaire. La procédure annuelle de maintenance du tarif est donc très importante pour ajuster dans les meilleurs délais les prestations à l’acte et au temps qui ne sont plus appropriées.​​​​​​​

Le graphique ci-dessous illustre le lien entre le modèle de coûts PM et le plafonnement de la PM.

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22. Quelle est l’incidence des prestations à l’acte et des prestations au temps sur le plafonnement de la PM ?

On distingue deux types de prestations médicales (pour de plus amples informations, voir : Principes tarifaires | TARDOC et forfaits ambulatoires) :

  • Prestations au temps : il s’agit de prestations dont la durée peut varier considérablement, c’est pourquoi le temps effectivement consacré est facturé. Selon la prestation, des limitations supplémentaires peuvent s’appliquer.
  • Prestations à l’acte : il s’agit le plus souvent de procédures ou d’interventions standardisées, avec un début et une fin clairement définis. Comme leur durée varie généralement peu, une durée moyenne forfaitaire, appelée minutage, est attribuée à chaque prestation. Elle est fixée par des spécialistes de la discipline concernée. Une exécution efficace peut permettre un certain gain de temps, de l’ordre de 20 %. Si les gains d’efficacité sont plus importants, le minutage prévu doit être réexaminé.

Lien entre le minutage, le taux de coûts à la minute et le plafonnement :

le minutage PM, c’est-à-dire le temps attribué à chaque prestation, et le taux de coût à la minute de la PM (coût ou Pt par minute) déterminent ensemble le nombre de points tarifaires d’une prestation médicale.

Le minutage n’a aucune incidence sur la valeur absolue du plafond de la PM, par exemple 12,4 heures par jour. Il détermine toutefois la rapidité avec laquelle ce plafond est atteint :

  • Minutage élevé → moins de prestations peuvent être facturées par jour → le plafond est atteint plus rapidement.
  • Minutage faible → davantage de prestations peuvent être facturées par jour → le plafond est atteint plus tard.
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23. Où puis-je trouver l’enquête en ligne destinée à recenser ma situation et à quoi dois-je veiller en la remplissant ?

Afin de pouvoir évaluer l’impact du plafonnement de la PM sur la situation de chaque médecin, la FMH a élaboré des critères et des indicateurs uniformes sous la forme de spécifications contraignantes. Elle les a transmises à la fédération des fournisseurs de logiciels pour cabinets médicaux (VSFM), aux centres de confiance/centres de collecte de données, à la Caisse des médecins et à NewIndex en leur demandant de les implémenter dans les plus brefs délais.

Entretemps, ces adaptations devraient avoir été implémentées et les médecins devraient pouvoir répondre au sondage (questionnaire anonyme). Les chiffres nécessaires se trouvent généralement dans le miroir du cabinet dans l’onglet « Tarif-h/Tarmed-h »).

En remplissant ce questionnaire, les médecins peuvent d’une part décrire la situation de leur cabinet et de leur discipline, et d’autre part partager leurs préoccupations à ce sujet. Par ailleurs, cela permet aux délégués tarifaires d’avoir une vue d’ensemble des problèmes en lien avec le plafonnement de la PM. Les résultats seront analysés séparément pour chaque discipline, en collaboration avec les délégués tarifaires, afin de faire valoir les points spécifiques des sociétés lors de la mise en œuvre de cette obligation légale.

La collecte de données revêt une importance capitale pour les sociétés de discipline. Sur la base des données collectées et des retours, la FMH développera avec les délégués tarifaires et les sociétés de discipline des solutions ciblées pour les disciplines et les structures de cabinets particulièrement impactées et les défendra lors des négociations avec les partenaires tarifaires.

Les médecins peuvent également s’adresser à leur centre de confiance, à la Caisse des médecins ou à leur prestataire informatique pour obtenir des analyses personnalisées. Les sociétés de discipline et les délégués tarifaires peuvent s’adresser à NewIndex pour des analyses spécifiques.

Le lien vers le questionnaire en ligne permettant de recenser de manière structurée la situation et le profil des cabinets sera transmis par les sociétés de discipline à leurs membres.

Pour de plus amples informations concernant la distinction entre la prestation médicale (PM) et la prestation d’infrastructure et de personnel (PIP), y c. graphique explicatif : Plafonnement de la prestation médicale dans le TARDOC | TARDOC et forfaits ambulatoires.


Dernière mise à jour le 19.08.2026

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